L'autonomie d'une batterie, c'est sa capacité utile divisée par votre consommation pendant la période où le soleil ne produit pas. Rien de plus compliqué, et rien de plus mal vendu.
Quelle capacité pour quel foyer
La capacité se dimensionne sur la consommation du soir et de la nuit, jamais sur la puissance installée en toiture.
Comment se calcule l'autonomie
Prenez la capacité utile, pas la capacité brute. Divisez-la par votre consommation moyenne entre le coucher et le lever du soleil. Une famille suisse de quatre personnes consomme environ 5 000 kWh par an, dont à peu près 40 % hors production, soit près de 5,5 kWh par nuit.
En pratique, cette autonomie ne se vérifie qu'en cas d'absence totale de production. Dès qu'un peu de soleil revient, la batterie se recharge partiellement et le calcul se décale.
Production mois par mois en Suisse romande
Près de 70 % de la production annuelle tombe entre avril et septembre. C'est cette saisonnalité qui rend l'autonomie totale illusoire sous nos latitudes.

Été contre hiver, deux mondes
En été, la batterie se remplit tous les jours et se vide chaque nuit. Elle tourne à plein régime et c'est la période où elle rapporte le plus. En hiver, la production suisse tombe à un cinquième environ de celle de juin, et la consommation grimpe. La batterie ne se remplit plus complètement, parfois pendant des semaines.
Le calcul honnête. Sur une année, une batterie domestique bien dimensionnée fait transiter entre 200 et 280 cycles utiles, pas 365. C'est ce chiffre qu'il faut utiliser pour le retour sur investissement, comme expliqué sur la page prix d'une batterie solaire.
Le mythe de l'autonomie totale
Être totalement autonome du réseau en Suisse demanderait une batterie saisonnière, capable de stocker l'excédent d'été pour le restituer en janvier. Les ordres de grandeur sont hors de portée d'un budget domestique : il faudrait plusieurs dizaines de kilowattheures de stockage et une installation largement surdimensionnée. Le réseau reste l'assurance la moins chère.
Batterie de secours : ce qu'elle peut et ne peut pas
Certains onduleurs hybrides proposent une fonction de secours (backup) qui maintient l'alimentation en cas de coupure du réseau. Attention aux limites : seuls les circuits prioritaires restent actifs, la puissance disponible est bridée, et le dispositif coupe automatiquement l'injection pour protéger les agents qui interviennent sur le réseau.
En pratique, une batterie de 10 kWh fait tourner l'éclairage, le réfrigérateur et la box internet pendant une dizaine d'heures. Elle ne fera pas fonctionner une cuisinière, un four ou un chauffe-eau. Ce n'est donc pas un groupe électrogène, mais un tampon de confort pour les coupures courtes.
Dimensionner l'autonomie selon vos usages
Plutôt que de viser un nombre de jours, partez de vos usages du soir. Relevez votre consommation entre 18 h et 7 h sur votre application de suivi ou sur votre compteur intelligent, puis appliquez ce calcul :
| Profil | Consommation nocturne | Capacité utile conseillée | Autonomie estimée |
|---|---|---|---|
| Couple sans enfant | 3 à 4 kWh | 5 kWh | 1 nuit et demie |
| Famille de 4 personnes | 5 à 7 kWh | 10 kWh | 1 nuit et demie |
| Grande maison avec PAC | 8 à 12 kWh | 15 kWh | 1 nuit à 1 nuit et demie |
Augmenter la batterie au-delà de cette zone n'augmente pas l'autonomie proportionnellement : la production diurne devient insuffisante pour recharger complètement une batterie trop grande, surtout en hiver.
Ce qui rallonge vraiment l'autonomie
- Réduire la consommation de nuit avant d'agrandir la batterie : c'est toujours moins cher par kilowattheure gagné.
- Déplacer les gros postes en journée, ce qui évite de puiser dans le stock le soir.
- Piloter le chauffe-eau et la recharge sur le surplus, plutôt que de les laisser vider la batterie.
- Accepter un hiver connecté au réseau, et dimensionner sur l'été et la mi-saison.
Questions fréquentes
Sur une maison suisse de quatre personnes consommant environ 5,5 kWh par nuit, une batterie de 10 kWh utiles couvre à peu près une nuit et demie sans aucune production. En été, elle se recharge chaque jour, en hiver elle reste souvent partiellement chargée.
Pas en Suisse avec un budget domestique. L'écart entre la production d'été et celle d'hiver imposerait un stockage saisonnier de plusieurs dizaines de kilowattheures. Le raccordement au réseau reste la solution la moins chère pour passer l'hiver.
Entre 200 et 280 cycles utiles pour une batterie domestique bien dimensionnée en Suisse, pas 365. C'est ce chiffre qu'il faut retenir pour calculer la rentabilité, pas le nombre de jours dans l'année.
Comment ce guide est établi
- Sources
- Pronovo pour la rétribution unique, Office fédéral de l'énergie pour l'irradiation, tarifs de reprise publiés par les gestionnaires de réseau romands, prix relevés sur des devis d'installateurs suisses.
- Chiffres
- Ordres de grandeur 2026 pour la Suisse romande. Arrondis, indicatifs, sans valeur contractuelle. Seule une étude sur place engage un professionnel.
- Mise à jour
- Page vérifiée le 24 août 2026. Les tarifs, les aides et les règles évoluent : chaque page est reprise à chaque changement connu.
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